Satellites, altimètre, cardio, écran : ce qui se passe vraiment à votre poignet quand vous lancez une sortie.
[ EN BREF ]
Des satellites, des capteurs et des compromis.
Une montre GPS de trail calcule votre position en écoutant plusieurs constellations de satellites, mesure l'altitude avec un baromètre et le cœur avec des diodes placées sous le boîtier. Pour la montagne, trois points comptent plus que le reste : la réception multi-bandes, un altimètre barométrique et une autonomie à la hauteur de vos plus longues sorties.
Tout le reste est affaire de compromis. Une trace plus précise et un écran plus beau consomment plus de batterie : comprendre ces réglages vous aide à choisir votre montre, puis à la régler selon la course du jour.
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Les satellites : GPS, Galileo, Glonass et les autres
Le mot GPS désigne en réalité le système américain. Les montres actuelles parlent plutôt de GNSS : elles captent aussi Galileo (Europe), Glonass (Russie), BeiDou (Chine) et parfois QZSS (Japon). Chaque satellite émet un signal daté avec une grande précision. En mesurant le temps de trajet depuis au moins quatre satellites, la montre calcule sa position, puis relie les points pour tracer votre parcours et en déduire distance et allure.
Écouter plusieurs constellations donne plus de satellites visibles : le point est trouvé plus vite au départ et la trace reste plus stable quand le ciel est en partie masqué. En contrepartie, chaque système ajouté consomme un peu plus.
Le multi-bandes, utile en forêt et dans les vallées
Une partie des satellites émet sur une seconde fréquence (L5 pour le GPS, E5a pour Galileo) en plus de la fréquence historique L1. Une montre multi-bandes, qu'on dit aussi bi-fréquence ou dual-band, reçoit les deux. Le signal L5 résiste mieux aux réflexions sur les parois rocheuses et aux pertes sous les arbres : c'est cet effet de multitrajet qui fait zigzaguer la trace au fond d'une gorge.
En terrain dégagé, sur une crête, la différence se voit peu.
Sous une forêt dense, au pied des falaises ou dans une vallée encaissée, la trace est plus propre et la distance plus juste.
Le multi-bandes consomme davantage : certaines montres l'activent seulement quand l'environnement le demande, comme le mode SatIQ chez Garmin.
[ NOTRE SÉLECTION ]
Des montres trail récentes pour la montagne
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Altitude : le baromètre plutôt que le GPS
Le GPS est moins précis en altitude qu'à l'horizontale : les satellites sont tous au-dessus de vous, et cette géométrie rend l'altitude calculée plus approximative. Le dénivelé cumulé gonfle ou fond au gré des erreurs. C'est pourquoi les montres de trail embarquent un altimètre barométrique, qui déduit l'altitude de la pression de l'air.
Le baromètre est très fin pour mesurer les variations, donc le D+, mais il dérive quand la météo change : une dépression qui arrive fait monter l'altitude affichée alors que vous êtes assis au refuge. Le même capteur sert d'ailleurs aux alertes d'orage sur certains modèles.
Les bons réflexes
Laissez la calibration automatique activée : beaucoup de montres recalent l'altitude au départ à l'aide du GPS ou de données d'altitude.
Avant une course, recalez à la main sur une altitude connue (panneau, carte, ligne de départ) si votre montre le permet.
Sur une sortie de plusieurs jours, un écart sur l'altitude affichée après un changement de temps est normal : le D+ mesuré reste fiable.
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Le cardio au poignet et ses limites
Sous le boîtier, des LED éclairent la peau et un capteur mesure la lumière renvoyée. Le volume de sang varie à chaque battement, la montre en déduit votre fréquence cardiaque. Cette mesure optique fonctionne bien au repos, en endurance tranquille et pour le suivi du sommeil.
En trail, elle a ses faiblesses :
Le froid réduit la circulation au poignet et dégrade la mesure.
Les bâtons et les descentes techniques font bouger la montre, et le capteur peut confondre votre cadence avec votre cœur.
Une montre trop lâche ou un tatouage sous le capteur faussent les valeurs.
Les changements d'intensité brusques, comme un fractionné en côte, sont suivis avec du retard.
Si vous travaillez par zones cardiaques, une ceinture thoracique reste la référence. Elle se connecte en Bluetooth ou en ANT+ et la montre l'utilise à la place du capteur optique.
[ SOUS LES ARBRES ]
En forêt, c'est la réception qui fait la trace.
Le multi-bandes ne vous rend pas plus rapide : il dit simplement plus juste où vous êtes passé.
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Batterie, écran, cartes : les vrais compromis
Les modes de batterie
L'autonomie annoncée dépend du mode choisi. La plupart des montres proposent plusieurs réglages : tous les systèmes en multi-bandes pour la meilleure trace, GPS simple pour l'équilibre, et des modes économiques qui espacent les points enregistrés (UltraTrac chez Garmin), au prix d'une trace plus anguleuse. L'écran toujours allumé, la carte affichée, la musique et les notifications pèsent aussi.
AMOLED ou MIP
L'écran MIP (memory in pixel) est réfléchissant : il se lit d'autant mieux que la lumière est forte, consomme très peu et peut recevoir un verre solaire. En intérieur, il paraît terne. L'AMOLED offre des couleurs vives et une carte bien plus lisible, mais il consomme davantage, surtout réglé pour rester allumé. Pour un ultra de plus de 30 heures, un MIP solaire comme celui de l'Enduro 3 est plus serein. Pour une montre portée tous les jours et des courses plus courtes, l'AMOLED est plus agréable.
Carte ou trace en fil d'Ariane
Presque toutes les montres de trail suivent une trace GPX : une ligne sur fond vide, avec une alerte si vous en sortez. C'est le suivi en fil d'Ariane, suffisant sur un parcours balisé. Les modèles à cartes topographiques affichent en plus les sentiers, les courbes de niveau et les routes autour de vous : utile pour repérer une bifurcation, raccourcir une sortie ou rejoindre un village en cas de pépin. Si vous partez souvent hors balisage, prenez une montre à cartes. Notre comparatif des meilleures montres GPS de trail précise lesquelles en ont.